À propos
Pourquoi The Last Human Oracle existe.
Un registre né d'une thèse sur l'IA, tenu d'abord pour celui qui l'écrit, et rendu public parce qu'il peut servir à d'autres.
La thèse
Rationnellement, l’IA sait déjà presque tout faire. Elle est la médiane des pensées et des savoirs humains, avec en plus la capacité de retrouver et de restituer la totalité de ce qui a été écrit. Sur ce terrain, la partie est jouée, et il n’y a aucune raison de la regretter.
Ce qui reste, en revanche, ne ressemble pas à ce qu’on croyait. Ce n’est pas une liste de talents que les machines n’auraient pas encore rattrapés, puisque cette liste-là raccourcit chaque année, à des dates que l’on peut inscrire. Ce qui reste, ce sont des positions. Quelqu’un doit décider ce qui vaut la peine d’être voulu. Quelqu’un doit consentir. Quelqu’un doit répondre de ce qui a été décidé quand cela tourne mal. Une machine peut produire la meilleure réponse. Elle ne peut pas être celle à qui l’on demande des comptes.
Pourquoi cela compte
On pourrait lire ce registre comme un inventaire de pertes. Ce serait le lire à l’envers. Chaque fois que l’on délègue une tâche à une machine, quelque chose apparaît de l’autre côté : il faut décider ce qu’on lui confie et ce qu’on garde, savoir formuler la question pour qu’elle en vaille la peine, vérifier ce qui revient, et signer. Ce sont des responsabilités neuves, et des compétences neuves, que personne ne tenait il y a dix ans parce qu’il n’y avait personne à qui déléguer.
Le registre sert aussi à cela. À mesure que la frontière avance, il note ce qui se libère et ce qui apparaît : les positions que la délégation crée, les jugements qu’elle exige, les gestes qui deviennent le cœur du travail humain quand le reste s’automatise. Une ligne cédée en appelle souvent une nouvelle, du côté tenu.
C’est pour cette raison que le site existe. Il se veut une boussole de qui nous sommes en tant qu’espèce à ce moment précis : ce que nous avons remis à d’autres mains, ce que nous tenons encore, et ce que nous découvrons de nous en tenant les rênes d’outils qui savent presque tout faire. Une boussole se relit à chaque étape. Elle ne dit pas où aller. Elle dit où l’on se trouve.
Pourquoi un registre plutôt qu’un livre d’opinions
Chaque avancée arrive avec une humeur, triomphe ou effroi, et c’est l’humeur que l’on retient. La ligne elle-même, où elle était et où elle se trouve désormais, n’est presque jamais écrite. Un livre change ce qu’on sait. Il ne dit pas où en est la frontière ce mois-ci, et il ne se corrige pas.
Un registre, si. Chaque capacité y a un statut, une date, une note sur ce qui a précisément changé et les sources qui le prouvent. Un statut peut être faux d’une manière qui se corrige : quelqu’un montre la ligne, on la révise, et l’ancien statut reste dans l’historique. C’est la discipline des documents auxquels on fait confiance sans connaître leur auteur, une table de constantes, un rôle d’audience, un registre de navires. Ils sont ternes exprès.
Comment il est tenu
Trois statuts. Tenue : aucune machine n’accomplit l’acte, parce qu’il appartient à une personne par nature. Contestée : les machines égalent ou approchent les meilleurs humains dans un cadre étroit ou discuté, et la question reste ouverte de bonne foi. Cédée : sur la tâche telle que définie, le meilleur résultat machine dépasse le meilleur résultat humain, avec une date et une source. Une ligne cédée le reste. Le registre consigne, il ne classe pas.
Chaque date est vérifiée à la source avant publication. Quand une affirmation ne peut pas l’être, la ligne est marquée contestée et la note dit pourquoi. Les essais font le reste : ils demandent ce que ces statuts signifient, et ils prennent position.
Pour qui c’est fait
Ce registre a d’abord été tenu pour son auteur, qui avait besoin de savoir où en était la frontière avant de décider quoi apprendre, quoi déléguer et quoi garder pour lui. C’est important à dire, parce que cela explique les choix : pas de publicité, pas de vente de données, aucun produit derrière, rien à vendre, aucun compte à créer. Les parutions et les changements de statut s’annoncent sur X et LinkedIn, et c’est tout.
S’il peut servir à d’autres, autant le rendre public. C’est la seule ambition de cette mise en ligne.
Qui écrit
Quentin Devillechabrolle, ex-Palantir, qui modélise les enjeux de la frontière entre la machine et l’homme.
Pour corriger une ligne, proposer une source ou discuter d’un statut, l’adresse est en pied de page, et il répond sur X et LinkedIn.
Le plus simple
Ouvrir le registre.
172 lignes, chacune avec une date et une source. Si l'une est fausse, l'adresse est plus bas.